Généralités sur le PSAr

Publié le par Corsimokhan

Le Pur-sang arabe est un cheval aux multiples qualités ! C'est un cheval frugal, sobre, endurant, si rapide à la course que les bédouins l'appelaient " buveur de vent ".
Il vaut mieux le compter comme complice que comme serviteur.

INTRODUCTION
A l'origine il y a eu le désert. Et Allah qui, selon la tradition orale, aurait créé le cheval Arabe avec, pour seule aide, une poignée de vent du sud. Faute de preuves et d'ossements préhistoriques, l'histoire reste un mystère qui, de siècle en siècle, a conservé sa poésie. Sans doute parce que d'autres réalités sont tenaces et ont entretenu mieux qu'une légende : la pureté de la race d'une part, sa distinction d'autre part…
Mais le Pur-sang arabe n'est pas qu'un cheval bon à admirer et à farder, il est aussi l'un des numéros 1 de plusieurs disciplines…

ORIGINE
"Cou de cuivre fièrement courbé et l'oeil sombre et fier, j'aspire à parcourir le désert, de toute ma vitesse ailée, née avec la vivacité de Nasim, car je suis de la race bédouine." Chant d'Alada Baskin
L'Arabe est l'une des plus anciennes et des plus pures races au Monde. Il existe des preuves de son existence remontant au troisième millénaire avant notre ère.
La plupart des " Sang chaud " modernes dérivent plus ou moins de l'Arabe. Depuis des siècles, il est célèbre pour son adaptation exceptionnelle au difficile climat de son désert natal.

Alors que la mythologie grecque rapporte que Poséidon fit surgir l'animal de la mer à l'aide de son trident, une autre histoire est plus volontiers rapportée…

Selon la légende, Allah créa l'Arabe avec une poignée de souffle du vent du Sud.

Allah dit au vent du Sud : " Deviens chair, car je vais faire de toi une nouvelle créature, en l'honneur de mon Saint Dieu, et pour la défaite de mes ennemis, afin que tu sois le serviteur de ceux qui me sont soumis. "

Et le vent du Sud répondit : " Seigneur, qu'il en soit fait ainsi ".

Alors Allah prit une poignée de vent du Sud, souffla dessus et créa le cheval.

Il dit : " Ton nom sera Arabe, la vertu sera attachée aux poils de ta crinière et tu porteras sur ton dos le butin des ennemis. C'est toi que j'ai choisi entre tous les animaux de somme, et j'ai fait de ton maître ton ami. Je t'ai donné le pouvoir de voler sans ailes, que ce soit à l'attaque ou à la retraite. Je placerai sur ton dos des hommes qui me loueront et me glorifieront et chanteront alléluia sur mon nom. " Légende bédouine.

Les Bédouins pratiquèrent l'élevage sélectif de l'arabe au moins depuis l'époque de Mahomet (VIème siècle ap. J.C.) et il semble prouver qu'il l'avait été des milliers d'années plus tôt. La vigilance des bédouins, très soucieux de la pureté de la ligne - à moins d'être reconnu " asil " (pur), un cheval ne pouvait s'accoupler à un autre cheval de la lignée " asil " aussi parfaite que fut sa morphologie -, et les conditions exceptionnelles dures du climat désertique sont les deux facteurs qui se conjuguèrent pour donner naissance au cheval le plus élégant et le plus distingué du monde. La nourriture était rare dans le désert, l'herbe ne poussait qu'en hiver et au début du printemps, et le reste de l'année, les chevaux vivaient au lait de chameau, de dattes séchées, de sauterelles et de viande de chameau séchée. Mahomet était tout à fait convaincu de l'importance militaire de ces robustes chevaux du désert. Il en acheta aux tribus nomades et les paya en esclaves. Dans le coran, il enjoint à ses disciples : " Autant de grains d'avoines tu donneras à ton cheval, autant de péchés te seront pardonnés ".
Le commandement religieux associé à une passion extraordinaire pour les chevaux conduisit le bédouin à entretenir une relation unique avec son cheval. L'homme partageait la nourriture avec sa monture, mais de plus, il dormait avec elle. Cela aussi était prescrit par Mahomet (" Le démon n'ose pas entrer dans une tente où l'on abrite un cheval de race pure "). On préférait les juments, que l'on utilisait dans les batailles et les pillages. On surveillait la pureté de la race avec un véritable fanatisme. Ne pouvaient saccoupler que deux chevaux de la même race - conception tout à fait étrangère à l'éleveur occidental qui considère que la consanguinité engendre des faiblesses congénitales. Les quelques centaines de familles de chevaux arabes sont divisées en trois types principaux, toujours reconnaissables aujourd'hui. Ce sont :
- Le Kouhaylan (ou Kehailan ou Kohelian): celui-ci est le type masculin, signe de force, d'endurance et d'intelligence. Son dos, sa croupe et son poitrail sont larges, son garrot est musclé, son dos est fort.
- Le Saqlaoui (ou Siglavy ou Seglawi): celui-ci est le type féminin, signe de beauté. Son ossature est plus fine, sa tête plus expressive, son garrot ressort et le dos est plus long.
- Le Mouniqui (ou Muniqi ou Munighi): celui-ci est le type de la course et de la rapidité. Ses lignes sont anguleuses, son dos et son cou plus longs, ses postérieurs sont droits, et sa structure osseuse est forte.

Le croisement d'un cheval de type arabe avec un autre n'est pas toujours souhaitable car les qualités du poulain sont parfois inférieures à celles des parents.
Les arabes furent probablement introduits en Europe lors de l'invasion du bassin de la Méditerranée occidentale par les Maures. Des croisements accidentels avec des juments locales eurent certainement lieu, mais on pense que l'arabe n'était plus guère considéré que comme une simple monture de parade. A l'époque des croisades, on accorda, semble-t-il, un regain d'importance aux chevaux arabes capturés comme montures élégantes pour les rois et les princes, mais on n'envisagea nullement de les employer à guerroyer, car les pesantes armures de l'époque nécessitaient des chevaux de grande taille et puissants. Armes et armures plus légères modifièrent par la suite cette notion.
A partir de la Renaissance, et surtout des guerres Napoléoniennes, la supériorité des montures turques s'imposa, tant du point de vue de l'endurance que de celui de la rapidité, et on commença à rechercher le sang arabe en Europe. Après la tragique retraite de Russie, l'aide de camp de Napoléon écrit à son officier supérieur :
" Le cheval arabe supporte mieux que le cheval européen les efforts et les privations. Après la cruelle campagne de Russie, presque tous les chevaux qui restaient à l'Empereur étaient des Arabes. Le général Hubert… ne pu ramener en France qu'un seul de ses cinq chevaux, et c'était un arabe. Le capitaine Simonneau, officier d'état-major, n'avait plus à la fin que son cheval arabe ; il en est de même pour moi. "
On les appelle parfois " buveurs de vent " en raison de leur rapidité.
La rude existence dans le désert a sans doute contribué à faire de l'Arabe un cheval noble, dur, sobre, endurant, et frugal.
Avant de porter le nom du peuple de la péninsule arabique, il fut élevé et utilisé en Haute Mésopotamie et l'on raconte même que Salomon et les pharaons l'avaient remarqué. Mais ce sont des nomades du désert qui vont assurer son développement et forger sa réputation du cheval oriental capable de supporter une dure existence sous un climat difficile.
Rendons en tout cas à César ce qui lui appartient : c'est bien la civilisation musulmane qui a personnalisé la monture et l'a conservée intacte jusqu'à nos jours.

Malheureusement il perdit de nouveau de son intérêt avec la modernisation et la mécanisation, comme toutes les races, mais même dans son berceau d'origine, où il était pourtant considéré comme un Dieu par les Bédouins... Ceux-ci abandonnèrent leur mode de vie traditionnel et leurs chevaux avec...
Quelques passionnés conservèrent fort heureusement leurs meilleures souches et vers les années 1960 ce fut un nouvel essor qui s'offrit à la race.
La race est plus orientée vers la beauté que vers le travail, mais ces dernières années est devenue à la mode l'endurance, qui nécessite un cheval plus fort et résistant, et comble quelque peu le problème de l'élevage d'exhibition.
Mais ce qui est sûr en tout cas, c'est que l'Homme considère l'Arabe comme un animal souverain depuis les temps les plus reculés…

CARACTERE ET TEMPERAMENT
" La nature est plus belle que l'art et dans mon être équin le mouvement rend la nature plus belle encore "
Le Pur-sang arabe est un cheval aux multiples qualités ! C'est un cheval frugal, sobre, endurant, si rapide à la course que les bédouins l'appelaient " buveur de vent ".
L'arabe est devenu le sang chaud le plus réputé au monde alliant une splendide mécanique et une nature ardente.
C'est un cheval assez facile à dresser, mais il demande de la douceur et de la compréhension. L'emploi d'une embouchure trop lourde ou trop sévère le bloquerait complètement. La main doit être délectable pour lui.
Le Pur-sang arabe est un cheval aussi très résistant et très maniable, agile et plein d'énergie, considérable par la célérité de ses actions.
Le Pur-sang est, outre ses qualités de travail, un impénitent joueur. Son sens de l'humour peut parfois surprendre ! Mais il a de très grandes capacités à apprendre et comprend très vite les choses nouvelles !
Ce cheval a besoin d'un maître franc et honnête avec lui, mais ferme et juste. Il faut plus ressentir que comprendre avec lui. Il est si intelligent et complice qu'il vaut mieux le compter comme complice que comme serviteur.
CARACTERISTIQUES
" Ma robe est de la teinte du désert poudrier des sables vivants, mon oeil, noir flambeau, souple et doux, par son sombre lustre fraîchit le désert " Chant de Negatraz

Taille : de 1m44 à 1m56 environ. Il peut être plus petit ou plus grand, selon le climat et la richesse des pâtures.
Poids : 450 à 500kg.
Robe : toutes les robes simples avec une prédominance de gris, d'alezans, de bais, et quelques noirs.
Crins : très soyeux
Tête : elle est typique de la race : la tête doit être sèche dans sa globalité avec des muscles zygomatiques très marqués. Elle est très expressive. La peau est extrêmement fine, glabre, et noire autour des yeux, des naseaux et des lèvres. Le menton remonte jusqu'aux zygomatiques et rehausse la sécheresse qui s'accentue avec l'âge. Ce sont les détails qui donnent à l'arabe sa noblesse, sa fierté et sa beauté.
    - Front large, surtout sur la ligne des yeux, et plat. Les arcades sont fortes et proéminentes.
    - Les yeux sont très grands et animés, légèrement globuleux.
    - Les oreilles sont ni petites ni grandes mais fines à la base, bien attachées et bien dessinées. Leur pointe a la forme d'un croissant de lune. Les oreilles de l'Arabe doivent presque se tenir comme des cornes. On dit d'ailleurs qu'un Arabe regarde avec ses oreilles.
    - Le chanfrein est concave, et se resserre très fortement sous les yeux.
    - Les naseaux sont fins mais très développés, pour " boire le vent ".
    - Les lèvres sont fines et le menton à la fois petit et triangulaire. Lèvres et menton doivent tenir dans la paume de la main.
    - Les ganaches sont fortes, musclées et bien dessinées.

Corps :
    - l'encolure est souvent longue et présente une attache de tête assez fine, même pour les mâles. Dans bien des cas elle est légèrement en col de cygne et portée assez haut car greffée sur une épaule assez longue, parfois droite ou même basculée en avant.
    - Le garrot doit être fort et bien dessiné comme une quille de bateau à l'envers. Le garrot fait la preuve de la largeur et de la puissance de la tête de l'omoplate sur lesquels sont greffés tous les muscles du corps.
    - Le dos doit être court, bien soudé sur un rein fort, large, puissant, parfois légèrement rebondi. Le rein doit être lui-même bien soudé à la croupe. La longueur de celle-ci, de la pointe de la hanche à la pointe de la fesse, doit être la plus grande possible, légèrement inclinée sans pour autant présenter la courbure d'un pur-sang anglais.
    - La fesse doit être " musculeuse ", épaisse, même si chez la plupart des sujets, elle ne descend pas assez sur le jarret laissant la corde de celui-ci trop longue et droite.
    - La queue, qui est courte, doit être attachée le plus haut possible, ce qui ne veut pas dire un angle de croupe plat qui mettrait les membres en arrière et ne faciliterait pas l'équilibre. Se souvenir de la parole du bédouin : " Si la longueur de la croupe d'un cheval est supérieure ou égale au dos et au rein réunis, achète-le les yeux fermés ".
    - Le poitrail doit être puissant, sec, musculeux, et bien ouvert. Ca ne doit pas être une " claquette " avec des épaules plaquées ni non plus un Quarter Horse. L'ouverture entre les membres doit être proportionnée par rapport au volume général de l'avant-main.
    - Les articulations doivent être fortes, bien dessinées, très sèches. Les membres doivent être secs et solides, avec un tour de canon allant de 18 à 20 cm.
    - Les tendons des membres antérieurs doivent être courts sur des paturons plus ou moins longs affichant un angle classique avec le membre et l'axe des phalanges du pied.
    - Le sabot doit être fort par rapport à la masse générale du cheval, bien ouvert en talon. Il ne faut pas confondre avec un pied de barbe.

Une morphologie unique : le Pur-Sang Arabe possède une caractéristique très surprenante, le différenciant morphologiquement des autres équidés. Effectivement il ne possède que 17 vertèbres dorsales au lieu de 18, 5vertèbres lombaires au lieu de 6 et 16 vertèbres caudales au lieu de 18. Tout cela explique que le PSA ait le dos si court, comparé à ses congénères!
Les allures : elles sont amples mais surtout rasantes, légères et tendues, la pointe du sabot en avant pour les membres antérieurs comme s'ils désignaient quelque chose.
Les postérieurs : ils doivent bien tenir sous la masse pour pouvoir pousser fortement dans l'axe des posés sans que les jarrets montent droit sous la queue. Les jambes sont fortes mais délicates.
Lorsqu'il trotte, l'arabe doit bien soutenir son dos qui doit rester horizontal. La queue est remontée en panache et le port de l'encolure est arqué, sous une tête fière et expressive qui regarde loin.


UTILISATION ET APTITUDES
" Mes oreilles tendues, ma crinière flottante à présent se dresse sur ma crête arrondie. Mon oeil, qui dédaigneusement scintille comme le feu, révèle mon courage ardent et mon profond désir "

Le Pur-sang arabe excelle en endurence avant tout, son domaine de prédilection, du à son incroyable énergie et son souffle inépuisable. Il est également un cheval d'extérieur excellent.
Depuis longtemps, le pur-sang arabe se montre très fort dans les courses - souvent utilisé au Moyen-Orient, en Russie ou encore aux Etats-Unis, avec sa vitesse hors du commun.
Mais, contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'arabe peut se révéler être un excellente cheval d'obstacles, de cross ou même de dressage.
Dans les années 70, le " show " s'est développé et a connu un succès immédiat, laissant place à des chevaux arabes plus beaux les uns que les autres s'exposant dans les concours de modèles et allures. C'est ce type de cheval qui a alors été élevé durant ces années. Même si ces concours ont été des bienfaits incontestables, ils ont fait du pur-sang arabe " le cheval le plus beau du monde " laissant derrière lui toutes ses qualités morales. L'arabe est alors devenu un cheval de luxe, acheté pour sa beauté, juste bon à admirer ! Mais beaucoup ignorent encore que le pur-sang arabe est un cheval proche de l'homme, si gentil et confiant qu'il nous donnerait son cœur !
Cette mode venue des Etats-Unis n'a pas laissé les éleveurs français de côté, et ceux-ci, se laissant pris au piège, ont sélectionné des chevaux aptes aux shows, à la morphologie très différente des coursiers du désert. C'est de là qu'est née cette réputation tenace, faisant des pur-sang arabes des chevaux fragiles et délicats, alors qu'ils sont tout de même les plus rustiques et les plus résistants du monde !
De plus, durant plusieurs années, ces " shows " prenant des dimensions exclusivement dirigées vers l'argent, les éleveurs n'ont pas hésiter à utiliser des méthodes tout à fait honteuses afin de donner plus de " feu " à leurs chevaux : poivre sous la queue, coups…

Vers les années 1985, le marché du show a diminué en même temps que celui du jeu, durant une dizaine d'année. Il reprend cependant depuis quelques années, mais en semblant éviter les erreurs connues dans le passé. Aujourd'hui, les chevaux sont plus axés vers les concours d'élevage que vers le show.
Il faudrait aujourd'hui que les chevaux montrés en show soient montables et montés, pour persuadés les cavaliers que ce sont des chevaux avant tout pleins de qualités. Mais on rencontre encore beaucoup de chevaux élevés uniquement pour le show et non débourré !
On sait par ailleurs que le cheval arabe excelle en endurance, mais les préjugés bloquent trop souvent l'arabe dans ce domaine ! Or, beaucoup d'autres aptitudes sont encore méconnues… Combien de fois entend-on dire que " le pur-sang arabe ne saute pas " ? C'est faut ! Certains spécimens, comme le pur-sang arabe espagnol, sans aucun doute le plus sportif grâce à sa morphologie puissante et musclée, montent en B1 ! On rencontre d'excellents sauteurs arabes.
Mais le dressage est aussi un lieu d'expression méconnu pour le pur-sang arabe. Aux Etats-Unis, la race se situe en cinquième position après le pur-sang, le hanovrien, le sang chaud hollandais et le trakehner ! Ils peuvent être magnifiquement mené aux longues rênes, en haute école ou en tandem !
D'autre part, le PSA semble rassemblé beaucoup de qualités du cheval de western, et cheval de bétail ! Il est d'ailleurs la race la plus utilisée après le quarter horse, le paint horse et l'appaloosa !
Sa rapidité, sa fiabilité ou encore son courage le mène sur les podiums de concours complet, de TREC, de randonnée, ou même d'attelage, même si sa petite taille l'oblige parfois à concourir en épreuve poney ! Et bien sûr, en courses de plat, en pleine expansion depuis quelques années.

 
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article